Esprit Libre sculpture sur chêne… EDGAR MORIN
« Esprit Libre » sculpture sur chêne et portait de Edgar Morin, acrylique cendres ocres sur chêne calciné, 11 / 48 / 77 cm.
Je pense que la citation d’Edgar Morin*, ci-dessous, pourrait être transposée à une oeuvre d’art plastique, sculpture ou peinture…
… un texte n’existe pas en soi / une oeuvre d’art n’existe pas en soit…
… « oui j’ai la conviction qu’une oeuvre d’art ne vit que dans le regard de son contemplateur. F.Burkha »
* Je crois profondément qu’un texte n’existe pas en soi ; il existe, bien entendu, mais ne démontre son efficacité et son sens que par rapport au lecteur. Il est évident qu’il y a une façon de lire les textes qui en quelque sorte les dénature, les trahit horriblement, et qui peut s’accompagner de vanité de la part de celui qui croit les avoir bien déchiffrés. Une telle lecture produira l’effet inverse de celui escompté. Autrement dit, je crois qu’il n’y a pas de texte en soi, et c’est valable aussi bien des plus grands textes philosophiques que des textes sacrés. Les textes n’existent qu’en fonction du lecteur ; il faut que le lecteur apporte lui-même beaucoup d’humilité et de complexité pour que les textes lui parlent vraiment, délivrent leur véritable signification. C’est le problème qu’on retrouvent à l’égard de tout grand philosophe : on peut simplifier sa pensée en une phrase, et on peut réfuter cette pensée en une autre phrase. Mais c’est un jeu stérile. Si l’on a le droit de procéder à des simplifications, quand on considère de près la pensée dudit philosophe, elle ne peut jamais se résumer en une seule phrase, même si cette phrase est maîtresse. D’autres éléments révèlent que la question qu’il posait, et la façon qu’il a eue de méditer sur elle, sont d’une richesse qui échappe aussi bien à la réfutation qu’à la glorification lapidaire. C’est vrai de tout texte. On le croit beau, grand, profond, tirant de son existence même sa profondeur ou sa beauté. Ce n’est pas vrai : il faut que le lecteur collabore, qu’il apporte quelque chose de plus.
** EDGAR MORIN
[entretient] AVEC MARC DE SMEDT [1980]
** [Répondant à la citation par Marc de Smedt d’] une remarque du sage hindou du XIXème, [ ] Vevekananda rapporte qu’il disait des livres qu’ils étaient « comme autant de nœuds ». En d’autres termes, la simple lecture d’un livre, si elle n’est pas accompagnée de discernement et de non-attachement, ne sert qu’à augmenter l’arrogance et la vanité, c’est-à-dire multiplie les maux de notre espèce.
CHEMIN VERS L’ESSENTIEL, chapitre 4. L’Orient, notre refoulé
Edition Albin Michel





atelier F. Burkha Orzens 28 août 2026


